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LA LETTRE d'ENSEMBLE! 69 de JUIN 2021 (n°37)

Pour une rupture démocratique, écologique et sociale, Relevons la tête !


 Les syndicats appellent dans l’unité à une journée de grève le 5 octobre. Dans toute la société, il y a une grande attente sociale, écologique. Il y a l’espoir de sortir du COVID et une forte exigence démocratique et solidaire.

Tout le monde discute vaccination, santé publique, passe sanitaire. La vaccination est l’équivalent d’un service public universel. Des vies sont menacées : on ne doit pas tergiverser sur la santé, bien commun. Mais il est intolérable que le gouvernement ait promulgué cet été une loi qui brise le contrat de travail des soignants non vaccinés. Halte à la brutalité : un moratoire s’impose !

Les forces de gauche, écologistes, syndicales, devraient faire campagne ensemble pour le geste vaccinal collectif et solidaire, avec des débats publics partout, le droit à des assemblées sur le lieu de travail, avec des scientifiques. Macron a fait le contraire : il donne des ordres. La démocratie est indispensable pour faire face à une pandémie.

Le gouvernement explique aussi que l’emploi redémarre ! Alors il s’attaque aux chômeurs et précaires soupçonnés de fainéantise. Le Conseil d’Etat a annulé deux fois des règles infâmes qui pénalisent 1,2 millions de personnes avec 20% d’allocations en moins. Mais pour rechercher l’électorat de droite, Macron veut prendre des mesures de casse sociale. Il persiste à vouloir détruire les régimes de retraite.

A Marseille, Macron a accueilli le Congrès mondial pour la biodiversité. Mais son gouvernement vient d’autoriser la chasse pour plusieurs espèces d’oiseaux ! Rien n’est fait pour rompre avec la civilisation de la voiture et du pétrole et pour développer les transports publics gratuits.

Malgré le COVID, la richesse s’accumule : les grandes entreprises du CAC 40 ont amassé 60 milliards d’euros de profits en 2020, soit 41 % de plus qu’en 2019. Mais rien ne revient à celles et ceux qui créent cette valeur : les salarié·es, méprisé·es dans leur travail.

Oui ! le 5 octobre, la grève à l’appel unitaire des syndicats est totalement justifiée. Toutes les forces de gauche et écologistes devraient s’entendre pour la soutenir ensemble, plutôt que de se quereller pour la présidentielle.

Augmentation générale des salaires, égalité salariale femmes/hommes, personne en dessous du seuil de pauvreté (1060 euros), le RSA pour les jeunes, abrogation du décret anti-chômeurs ! Pour une rupture démocratique, écologique et sociale, tous et toutes dans la rue le 5 octobre. Relevons la tête !

Métropole : Pourquoi les grandes concertations ?

par Laurence BOFFET
VICE-PRÉSIDENTE MÉTROPOLE DE LYON
Déléguée à la Politique de concertation - participation citoyenne 

 La Métropole a toute sa place pour organiser des débats dont les enjeux dépassent le territoire des communes. C’est le cas par exemple du PLU-H que nous nous étions engagés à modifier. La concertation préalable avec les habitants et les acteurs socio-économiques était une première sous cette forme à la Métropole de Lyon ! Compte tenu du délai contraint et de la technicité du sujet, c’est une réussite. Près de 1500 demandes de modifications et plus de 300 avis. Plus de 20% sont intégrés dans la modification du PLU-H, et pour toutes les autres demandes lorsqu’elles sont éligibles, elles sont en cours d’étude. Cette concertation, menée en visio mais pendant le COVID, est une illustration de la place directe faite aux habitant·es, au côté de celles des communes et des acteurs institutionnels. Il y a plus de demandes citoyennes prises en compte en quelques mois qu’en 6 ans de concertation règlementaire sur la révision du PLU-H, aboutie en 2019. Mais surtout, des habitantes de toute l’agglomération ont pu dialoguer, et échanger leur point de vue, notamment entre l’Est et l’Ouest.

L’autre grande concertation qui peut faire dialoguer des habitants de toute la Métropole, c’est la ZFE. Sujet au combien sensible ! Nous avions obtenu cette concertation sous peine de refuser le vote en mars dernier, au vue de l’importance sur ce sujet d’assurer la justice sociale. La priorité est la fourniture de l’information à toute la population et la consultation directe, non pas pour assurer l’acceptabilité sociale et économique de la ZFE+, mais surtout pour débattre ensemble de la ZFE+, par la nécessaire prise en compte de la situation actuelle de la pollution. Car je vous le rappelle, si on ne fait rien, ce sont les plus précaires qui seront les plus impactés. Nous sommes suffisamment tôt dans ce dispositif pour justement clairement débattre des enjeux tous ensembles. Les études montrent que quel que soit le périmètre de la ZFE, les impacts concernent toute la Métropole, ce n’est pas qu’un problème de bobos lyonnais.


C’est pourquoi nous proposons la co-construction des dispositifs d’accompagnement et les dérogations avec l’ensemble des citoyen·nes, des élu·es, les acteurs socio-économiques et même nos agent·es de la Métropole. Les avis, les propositions, les études techniques, les comptes rendus de réunions publiques, sont lisibles par tous, sur la plateforme jeparticipe.grandlyon.com. Réunions en visio et en physique, points mobiles, études avec des petits groupes, ateliers avec les filières économiques, panel citoyen ne sont que quelques-unes des modalités qui vont être mises en œuvre. Un kit de concertation permet aux communes, associations, MJC, centres sociaux, partis politiques ?, syndicats, de proposer leur propre temps de concertation et de reverser les contributions sur la plateforme. Certains dans notre opposition à la Métropole proposent un référendum local –c’est cocasse quand on sait qu’ils ont refusé le RIC dans le règlement de la Métropole-, est-ce une bonne idée ? Car la question n’est pas de savoir si ZFE il y aura, puisqu’une loi nationale l’impose, mais avec quelles modalités (transports et modes actifs, aide au changement de véhicule, nouveaux services publics, prêt de véhicule, dérogations …), alors dans ce cas que mettre comme question dans un référendum ? En tout cas, si référendum il y a il faut que cette proposition vienne des habitant·es eux-mêmes ou des préconisations du panel citoyen.

D’autres projets structurants seront aussi à la concertation et proposée ou organisée par la Métropole : la question de l’eau à l’occasion du retour en régie publique, les projets urbains de territoire comme le Grand Montout (Décines-Meyzieu), la rive droite du Rhône, des budgets participatifs (collèges) pour ne citer que les prochains ou ceux en cours.
Pour tous les projets urbains plus locaux, les concertations ont lieu en partenariat avec les communes concernées, avec pour moi l’enjeu de préciser clairement aux habitant·es ce qui est au débat et ce qui ne l’est pas.

Enfin, un autre pilier aujourd’hui très affaibli de notre démocratie en regard des élus et des administrations doit être mieux considéré, celui constitué des associations, syndicats, institutions collectives de toute sorte. Cette démocratie sociale et de la société civile dite « organisée » doit débattre et contribuer aussi, avec la difficulté de son renouvellement et du changement de pratiques des plus jeunes. Le 20 novembre sera lancée la nouvelle formule du Conseil de Développement, seule instance citoyenne de la Métropole. Trois temps dans l’année, ouverts à toutes les structures et aux habitant·es volontaires, seront ces nécessaires lieux de débat et d’interpellation des élu·es à l’échelle métropolitaine mais aussi à l’échelle des différents bassins de vie.




VENT MAUVAIS … ATTENTION A LA "SORTIE DE ROUTE"

Oui un vent mauvais s'est levé -attisé par le climat anxiogène lié à la pandémie du Covid19- qui peut menacer l'exercice de la démocratie dans notre pays comme c'est déjà le cas dans d'autre pays de l'Union Européenne (exemple la Hongrie de Victor Orban mais aussi l'Espagne envers la Catalogne).


A Lyon,
La manifestation antifasciste du 29 mai du Boulevard de la Croix Rousse à l'Hôtel de Ville à été un succès en rassemblant plus de 1000 personnes pour protester contre l'attaque de la librairie « La Plume Noire » par une cinquantaine de militants cagoulés d'extrême droite qui ont même laissé leur signature sur place, se revendiquant du groupe d'ultra droite Génération Identitaire dont le gouvernement a pourtant prononcé la dissolution. Ainsi cette manifestation était aussi une protestation contre l'interdiction par le Préfet du Rhône d'une première manifestation programmée le 3 avril, sous prétexte qu'elle risquait de troubler l'ordre public en suscitant des réactions de l'extrême droite. On croit rêver mais c'est un vrai cauchemar ! Les autorités préfectorales, comme les autorités municipales sous l'ère de Collomb, ont toujours voulu faire croire qu'il n'y avait pas de montée de l'extrême droite à Lyon ; qu'il s'agissait d'un phénomène marginal de « guerres privées » entre groupuscules d'extrême droite et groupuscules d’extrême gauche ! (c'est encore cette mauvaise soupe que nous sert le ou la journaliste du Progrès qui a couvert la manifestation). Comme le dit très justement le communiqué de l'unitaire pour la fermeture des locaux fascistes à Lyon, organisatrice de la manifestation : "Nous condamnons les choix politiques de la Préfecture qui ferme les yeux sur les agissements de ces groupuscules ultra violents, interdit notre manifestation le 3 avril, puis empêche notre conférence de presse de se dérouler pour dénoncer justement ces violences. Nous condamnons également les choix politiques du gouvernement, de plus en plus autoritaires et ouvrant toujours plus de portes à l’extrême droite".

Connections avec le contexte national
La caractéristique nouvelle et inquiétante est la banalisation des idées d'extrême droite, notamment contre les immigrés et contre l'Islam, par des forces politiques et personnalités d'extrême droite et de la droite extrême (le RN, Eric Ciotti, Zemmour, De Villiers...) évidemment … mais aussi par des personnalités de gauche ou transfuges (Michel Onfray, Valls …). Les médias aux mains de milliardaires s'y mettent aussi notamment C News, Valeurs actuelles, et un institut comme l'ISSEP de Marion Maréchal Le Pen installée à Lyon comme lieu de « formation de cadres des droites » vise  une recomposition de la droite sous hégémonie d'un RN « banalisé ». Cette recomposition est en marche et se manifeste aux régionales avec en AuRA le Lyonnais Kotarac (transfuge de la FI) comme tête de file pour le RN et un ancien Dircab de Frêche (transfuge du PS) comme tête de file du RN pour l'Héraut dans la Région Occitanie. Oui un vent mauvais d'extrême droite et de droite extrême souffle à Lyon, en AuRA et dans tout le pays, alors que la réponse néolibérale du capitalisme mondialisé est entrée dans une crise profonde et devient de plus en plus antisociale, autoritaire, nourrissant tous les racismes à commencer par l'islamophobie. Macron joue avec le feu en voulant réduire le champ politique pour la Présidentielle à un affrontement de 2e tour entre lui et Marine Le Pen, mettant la gauche et les écologistes "hors jeu". Pour ce faire, il sélectionne les thèmes du débat public (sécurité, immigration...) et les attise quitte à créer de faux débats (islamo-gauchisme à l'Université, réunions non mixtes de l'Unef !). Pendant ce temps, dans ce pays riche, il y a 9 millions de pauvres et Macron s'attaque à la protection sociale et aux droits des chômeurs.

Mise en scène de 2 « boucs émissaires » : les migrant·es et l'islam
Pas étonnant de voir des généraux et militaires de la « Grande muette » … l'ouvrir sur ce terrain avec des accents putchistes ; de voir des policiers rassemblés par les syndicats de droite et d'extrême droite majoritaires, s'en prendre à la justice en remettant en cause la séparation des pouvoirs en présence ... du Ministre de l'Intérieur ! et ... de représentants d'une partie de la gauche et de l'écologie (PS, PC, EELV) ! Ajouter à cela la multiplication des thèmes complotistes (anti masques, anti vaccins, anti démocratie …) sur les réseaux sociaux avec une multiplication de sites et de « fake news », et nous comprenons que l'extrême droite ne se réduit pas aux groupuscules ouvertement fascistes du Vieux Lyon ; elle constitue – avec le RN au centre et son socle de 20% de voix- un véritable « écosystème » dans toute la société et connecté à une réalité similaire dans d'autre pays de l'Union Européenne et d'ailleurs.
C'est pour toutes ces raisons que souffle le vent mauvais. Un sursaut unitaire et radical de la gauche et des écologistes après le résultats des régionales de 20 et 27 juin 2021 peut encore conjurer la "sortie de route" en 2022.

Armand Creus



 

élections régionales : un premier tour pour s’exprimer, un second tour pour virer Wauquiez !

 Alors qu’elles sont globalement unies pour les élections départementales, les forces de gauche et écologistes de la région Auvergne-Rhône-Alpes partent désunies pour l’élection régionale. Cela est bien évidemment regrettable, mais est-ce grave ?
La question de l’union dès le premier tour est primordiale dans certains cas, et il est vrai que le spectre toujours présent de l’élection reine de notre Vème République (vous aurez bien sûr reconnu la présidentielle !) et le risque de voir rejouer en 2022 le même scénario qu’en 2017, fait que ce débat est nécessaire. De même, la perspective de voir arriver le RN à la tête de certaines régions oblige à éviter la dispersion des voix. Cependant, ces situations qui occupent le devant de la scène médiatique ne concernent pas notre région.
En effet, avec des sondages ne lui donnant pas plus de 20%, le RN mené par l’ex-LFI Andréa Kotarac n’a aucune chance de remporter la région. De plus, le risque qu’aucune liste classée à gauche ne dépasse les 10% nécessaires pour un maintien au second tour est très faible. On peut donc considérer comme une chance que les électeurs de gauche et écologistes puissent exprimer leurs convictions en votant au premier tour pour la liste de leur choix, avec l’espoir que cela limite la portée de l’abstention dans notre camp politique.
C’est pourquoi l’enjeu d’aujourd’hui est plutôt de s’assurer que le rassemblement au second tour se fera dans les meilleures conditions, c’est-à-dire en respectant toutes les forces en présence et en évitant le penchant habituel à l’hégémonisme de la liste arrivée en tête. Sinon le risque est grand de perdre une partie de l’électorat au passage et de ne pas réussir à reprendre la Région à la droite dure de Laurent Wauquiez...
Déjouons les tentations de l'abstention, expliquons les dégâts liés à la mainmise de cette droite dure sur la Région, faisons voter pour la liste "ENSEMBLE POUR NOTRE REGION" conduite par Cécile Cukierman et présentée par le PCF, la France Insoumise, Ensemble! et Génération Climat !

Jérémy Martinez,
tête de liste pour la section Rhône



Parmi les mesures prioritaires :

• Accompagner le maintien de nos industries et de leurs emplois, agir pour leur relocalisation
• Agir pour aligner le prix des produits bio locaux aux revenus de toutes les familles et précaires
• Développer les services publics garants de l'égalité républicaine
• Gratuité pour les étudiants dans les transports régionaux
• Etablir un plan d'urgence pour les acteurs culturels et sportifs au sortir de l'épidémie en offrant à chaque lycéen une activité au choix
• Permettre la reconversion professionnelle à tout âge : permettre à chacune et chacun une 2e chance avec une sécurité d'emploi et de formation

PLUS D'INFOS : @ensemblepournotreregion

 Les candidat·es présenté·es par ENSEMBLE! :

Elections régionales :

- section Ain_: 4- Do Passeri, 17- Béatrice Crozat
- section Ardèche_: 2- Béatrice Estel-Boissonnet (candidate d'ouverture présentée par Ensemble!), 9- Amar Oubanna (candidat d'ouverture présenté par Ensemble!), 11- Raphaël Granvaud
- section Isère_: 5- Sonia Yassia
- section Métropole de Lyon_: 6- Michèle Tortonèse, 27- Eric Butot, 28- Leïla Mathias
- section Rhône_: 1-_Jérémy Martinez, 9- Armand Creus
- section Haute Savoie_: 7- Sylvie Touleron

Elections départementales_:

- Ardèche_: Dominique Duplan (titulaire) à Tournon, Sandrine Gomez (suppléante) à Bourg-Saint-Andeol, Richard Neuville (suppléant) à Aubenas 1
- Isère_: Bernard Macret (suppléant) à Grenoble-Villeneuve


Mobilisation du monde de la culture autour de l'occupation du TNP ... « Le printemps est inexorable » (Pablo Neruda)

C’est avec cette citation qu’un appel a été lancé en mars pour la mobilisation des publics et des acteurs du monde de la culture. Depuis le 12 mars, les travailleurs de la culture, de l’évènementiel et du tourisme, étudiant·es, public de la culture..., occupent le Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Un nouveau point de lutte qui fait écho à celui de l’Odéon, puis de l’opéra à Lyon et d’autres lieux en France.
Leurs revendications dépassent les problèmes des intermittents et concernent tous les métiers intermittents de l’emploi et précaires (extras de l’hôtellerie-restauration, intérimaires…) :
La première demande étant « l’abandon de la contre-réforme de l’assurance chômage ». C’est évidemment le nœud et le coup de grâce du gouvernement concernant toutes ces personnes en situation précaire dont le nombre ne fait qu’augmenter depuis des années, et d’autant plus depuis la pandémie, avec les fermetures des lieux de culture, des établissements, des usines. Cette réforme est une réforme "assassine" (ouverture des droits retardée ou annulée, modification des modes de calculs…).
Ensuite, viennent les demandes propres aux intermittents : prolongation de l’année blanche, diminution du nombre d’heures pour entrer dans l’intermittence (avec de plus une demande d’extension de ce régime à tous les métiers intermittents de l’emploi) et un appel à une hausse massive des aides sociales pour les étudiant·es et l’extension du RSA aux jeunes de 18-25 ans.
Il faut saluer cet élargissement dans ce mouvement qui prend d’emblée une allure de convergence vers toutes celles et ceux qui sont dans cette condition d’emploi anxiogène et injuste qu’est la précarité.
Cette préoccupation se retrouve aussi dans le fonctionnement de ce rassemblement : les assemblées générales journalières (12 h 30 au TNP) rassemblent le travail fait en amont par plusieurs commissions (chômage, actions propre du mouvement, participations aux actions extérieures, convergence des luttes). Dès le début, un élargissement vers d’autres luttes a été intégré dans les préoccupations du mouvement (lien avec Général Electric, par exemple).
Le samedi, des assemblées citoyennes sont organisées sur la place Lazare Goujon avec musique, théâtre et tribune publique pour diffuser les informations et dialoguer avec les présents.
Les propositions artistiques foisonnent et font que ces assemblées générales sont dynamiques et constructives, c’est un vrai réveil populaire que nous soutenons et que nous aiderons de nos forces militantes.
Denise MILBERGUE