Notre travail d’élaboration programmatique pour un projet émancipateur

Des convictions programmatiques partagées ...
Des résistances contre l’exploitation et les oppressions, jusqu’à la lutte pour des gouvernements de rupture engageant la transformation sociale et écologique, est posée la nécessité de penser en positif un projet de société alternatif au capitalisme et au productivisme. Il y a urgence à refonder un tel projet. Malgré les blessures que portent les mots hérités du passé, nous avons besoin de refonder un nouveau projet émancipateur : reprenant le meilleur des utopies socialistes, communistes, écologistes, autogestionnaires, pour une société fondée sur les valeurs de la démocratie, de l’égalité, du féminisme, de l’autogestion.
Un projet pour libérer toutes les potentialités de l’auto-émancipation et des aspirations à l’égalité, pour engager une appropriation sociale des moyens de production et d’échange, pour une autogestion la plus étendue et un contrôle sur l’outil de travail et sur le travail lui-même. Il devra revenir sur le bilan et les échecs des expériences passées, tant du stalinisme que de la social-démocratie, et des dégâts qu’ils ont provoqués.
Cette élaboration stratégique devra être le fait d’un travail mené avec d’autres courants que les nôtres et qui sont engagés, avec nous, dans la construction d’une alternative à gauche. Et nous voulons également travailler à partir des contributions issues du mouvement social, syndical, altermondialiste, afin d’ élaborer un projet d’émancipation sociale adapté aux coordonnées de la période.
Mais une formation politique commune se doit de donner à voir un projet de plus long terme, une culture politique d’émancipation, indispensable à la vie d’un tel mouvement politique qui, pour donner confiance dans son projet immédiat, a besoin de faire vivre l’espoir qu’ « un autre monde est possible ».
La question n’est donc pas de conclure ce débat, ou de résoudre les questions posées, comme autant de préalables avant d’engager la construction d’une organisation commune. Elle est de fixer comme objectif à notre formation commune d’être le lieu où cette élaboration est possible et engagée sérieusement. C’est d’autant plus impératif qu'elle rassemblera des courants aux histoires et références culturelles différentes, et pour que cette diversité soit une richesse évitant de tomber dans l’uniformité idéologique issue d’une même tradition militante, elle doit se donner ce débat comme objectif permanent.
Pour approfondir les perspectives d'une gauche de transformation sociale et écologique, nous ouvrons un débat autour des principales questions autour desquels nous voulons avancer.

2-1. Pour une Europe sociale, démocratique et écologique
affranchie des traités libéraux

Si, en 2012, par le moyen de dispositifs exceptionnels et d’un certain assouplissement des règles d’intervention de la Banque centrale européenne, les classes dirigeantes sont parvenues un temps à éloigner la menace de l’éclatement de la zone euro, la profonde instabilité de cette dernière demeure. Sous l’effet de la contraction de l’activité que provoquent les politiques d’austérité, l’ensemble de « l’euroland » est marqué par la récession.
La Grèce s’est vue littéralement saignée à blanc par les ajustements budgétaires, les privatisations et la liquidation des mécanismes de protection sociale que lui a imposés la « Troïka ». L’Espagne, le Portugal, l’Italie sont, à leur tour, menacés par les mêmes phénomènes de récession et de régression qui peuvent à tout moment les conduire au chaos. L’asphyxie économique de nombreux pays, provoquée par les coupes budgétaires imposées par le nouveau traité européen, se conjugue au chômage de masse, qui conduit à l’explosion de la misère et de la précarité. Face à quoi les politiques d’austérité enclenchent une dynamique infernale : la contraction de l‘activité engendre la diminution des recettes fiscales, approfondissant ainsi les déficits et la dette, ce qui place les États sous la menace permanente des offensives spéculatives des marchés financiers, laquelle appelle de nouveaux plans d’austérité qui ne feront qu’aggraver le mal auquel ils prétendent remédier...
Les fragilités du système bancaire peuvent, à n’importe quel moment, plonger la zone euro dans une nouvelle tourmente. Les « mécanismes de stabilité «financiers imaginés par les dix-sept États membres, ne semblent pas en mesure de faire face à une conjoncture cataclysmique. Au fil des sommets, apparaît une divergence explosive entre deux Europe : celle emmenée par les classes dirigeantes allemandes, qui a jusqu’alors pleinement bénéficié du modèle économique et social imposé à l’ensemble de la zone euro, et à toute l’Union
européenne ; et celle des pays du Sud dont les gouvernements ont de plus en plus de difficulté à
assumer la doxa austéritaire, n’ayant plus les moyens, sur fond de récessions longues et de chômage de masse, de faire accepter aux peuples des logiques de sacrifices sociaux sans fin.
En Europe, les classes dirigeantes veulent en finir avec les acquis populaires
Au regard du reste du monde, les conquêtes sociales et démocratiques issues des luttes du mouvement ouvrier en Europe demeurent encore fortes. Pourtant, elles apparaissent aux yeux des classes dominantes du
continent comme une anomalie à éradiquer. Dans le contexte du grand remaniement mondial engagé avec
l’émergence de nouvelles puissances capitalistes dans les autres continents, les bourgeoisies européennes utilisent les institutions de l’UE dans un processus de destruction méthodique des acquis économiques, sociaux et démocratiques. La troïka BCE/FMI/Commission européenne, avec l’appui de gouvernements de droite, sociaux libéraux ou autoritaires, impose dans toute l’Europe une austérité d’airain afin de restaurer les taux de profits et faire payer le coût de la nouvelle phase de la crise économique ouverte en 2008 aux salarié-es et aux pauvres
La crise est l’occasion d’une vaste attaque concertée contre les droits des travailleurs/euses selon des modalités proches dans tous les pays européens. La France est un lieu emblématique de ce combat entre classes. Ces dernières décennies les classes dominantes ont infligé une accumulation de défaites partielles aux classes populaires sans pour autant parvenir à imposer une défaite majeure et durable, qui demeure son objectif.
Mais pas plus qu’hier face à la mondialisation du capital, la réponse à une crise globalisée ne proviendra du seul cadre des nations. L’Europe peut être un cadre pertinent pour affronter les défis colossaux du moment. À condition qu’elle rompe résolument avec une construction qui discrédite, dans la conscience des peuples, l’idée européenne elle-même. Nous devrons oeuvrer à définir les contours d’une construction européenne démocratique, écologique et solidaire,une alternative de gauche assumant une rupture avec la construction libérale de l’Union européenne sans accepter les replis nationalistes. basée au niveau national comme au niveau européen sur le respect de la souveraineté populaire.

Pour une Union Européenne qui soit au service des peuples et non de la finance.
Nous avons besoin d’une Europe qui s’émancipe des traités synonymes de destruction des droits sociaux et
de régression démocratique, à commencer par le traité de Lisbonne. D’un bouclier social, qui protège le monde du travail des effets de la crise. D’une Europe de l’interdiction des licenciements boursiers et des délocalisations, du Smic européen, du retour au service public. D’une Europe qui mette fin à l’indépendance de la Banque centrale, afin de disposer des moyens de réorienter l’économie. D’une Europe débarrassée des «paradis fiscaux».D’une Europe de l’harmonisation sociale et fiscale par le haut. D’une Europe dont la politique agricole commune prenne le parti de l’agriculture paysanne contre les multinationales de l’agroalimentaire. D’une Europe du respect et de l’extension des droits des femmes, D’une Europe de l’égalité des droits pour tous ses résidents, de la régularisation des sans-papiers. D’une Europe de la démocratie, celle des peuples décidant souverainement de la construction politique qu’ils veulent pour eux.
D’une Europe de la paix et du co-développement, renonçant aux ingérences i m p é r i a l i s t e s e t néocolonialistes, et qui sorte de l’Otan, La transformation sociale, si elle peut s’amorcer à l’échelle d’un pays, ne peut s’envisager de façon durable et aller à son terme dans un seul pays sans s’appuyer sur une dynamique à l’échelle internationale. C’est particulièrement indispensable dans une Europe enfermée par le neo libéralisme dans une spirale d’austérité et de régression démocratique.
Nous situons notre combat dans le cadre d’une stratégie politique européenne, dans la construction d’un rapport de force de solidarité entre les peuples en Europe pour résister ensemble aux marchés et travailler à des alternatives politiques communes pour la refondation d’une Europe sociale, démocratique, écologique.
Un gouvernement de rupture avec le libéralisme, plutôt que d’opter pour une sortie de l’U.E. et de la zone Euro qui renverrait chaque peuple à lutter chacun dans son seul pays face aux mêmes logiques capitalistes, devrait travailler à la convergence de politiques de désobéissance vis-à-vis des traités européens et des choix de la Troïka. Une convergence de plusieurs gouvernements et de mouvements sociaux assumant une crise dans la construction européenne actuelle pour imposer sa réorientation est loin d’être utopique. Les mouvements des peuples sont bien là, ce sont les «indignés», les vagues de grève, les manifestations de masse, les dynamiques autogestionnaires, notamment en Grèce, en Espagne, au Portugal... Ce sont aussi les possibilités, comme on l’a entrevu en Grèce, d’accession d’une majorité de gauche sur une orientation de refus de la politique d’austérité de l’U.E.
En Grèce, le choix de Syriza, s’il arrivait au gouvernement, de mettre en place une politique pour sortir de la crise en s’émancipant des exigences austéritaires, quitte à entrer en conflit avec celle-ci, ne s’est pas accompagné d’une volonté de sortir de l’euro. Même s’il faut s’y préparer au cas ou l’UE voulait et trouvait les moyens d’en exclure la Grèce, alors qu’aucune procédure n’existe pour cela, la politique de Syriza d’ en appeler la désobéissance aux traités à une solidarité continentale des peuples et des gauches autour d’un refus de la dette, des diktats de la Troïka, porte l’espoir d’ une dynamique contagieuse pour une convergence anti-austéritaire. Le retour aux monnaies nationales et au protectionnisme, outre qu’ils aggraveraient la situation de crise du pays qui l’engagerait, accentuerait les divisions nationalistes entre fondamentale de la crise : les politiques libérales, la domination des marchés, la propriété capitaliste. Un (ou
plusieurs) gouvernement menant une politique de rupture avec le libéralisme, sans vouloir sortir de l’euro, ne devra pas pour autant reculer devant la possibilité qu’une majorité d’autres gouvernements européens, hostiles à ses choix de sortir de l’impasse austéritaire, provoquent un éclatement de la zone euro. Il devra alors maintenir une orientation monétaire et économique alternative aux choix libéraux et monétaristes, et envisager toutes les coopérations possibles pour une refondation européenne. Il est d’autant plus urgent d’engager une convergence européenne vers le haut, vers l’avènement d’une gauche européenne, vers la nécessité qu’un ou deux pays s’engagent ensemble et s’épaulent comme points d’appui pour provoquer la crise du modèle européen et y apporter des solutions de politiques alternatives. ! Il n’y aura pas de refondation de l’Europe sans une révolution démocratique qui brise la dictature de la finance, qui redéfinit le projet européen en mettant la participation populaire au coeur de ce projet. A l’heure où les rivalités entre Etats s’exacerbent et sont menacés d’éclatement, la perspective d’une Assemblée Constituante européenne est une proposition que pourrait faire entendre avec force un gouvernement qui engagerait une politique de rupture avec le libéralisme.

2-2 L'écologie, au coeur de notre projet de société

Une crise écologique globale
Crise climatique, crise alimentaire, conflits pour le contrôle des matières premières et des terres rares, déplacements de populations : l'enjeu écologique est majeur. L'histoire de cette prise de conscience est jalonnée par les grandes catastrophes écologiques qui ont eu lieu, et dont Fukushima représente un nouveau
moment fort. L’être humain et la nature ne peuvent être dissociés. Il n’y a qu’un seul écosystème compatible avec la vie humaine. Cette idée fait son chemin dans les consciences, au fur et à mesure que s’étend la crise écologique, elle doit être au coeur de notre projet de transformation de la société. Les dérives productivistes ont été développées par une organisation de la production guidée par le seul critère du profit capitaliste, aggravées dans le cadre de la globalisation du monde par l'impératif du libre-échange exacerbé, et imposées par des appareils d'État et une foule de technocrates formés à la même logique du système. La valeur d'échange y est centrale, quand nous voudrions que ce soit la valeur d'usage qui le soit. De leur côté, les systèmes étatiques qui prétendaient se revendiquer du "socialisme réellement existant" ont aussi entraîné des catastrophes écologiques.
Cette crise n’est pas la simple conséquence linéaire du développement industriel depuis le XIXème siècle. La
critique écologiste nous rend également attentifs à des dimensions plus profondes de la crise. La «modernité», porteuse de liberté et d'émancipation, a vu certaines de ses dimensions se retourner contre l'humain et la nature, lesquelles ont réduit notre appréhension du monde à sa seule dimension mécaniste et quantifiable. Le quantitatif a trop souvent pris le dessus sur le qualitatif, les biens sur les liens, l'utile sur le beau etc. L'économie s'est déencastrée du social et du culturel. L'histoire du XXe siècle et les mouvements sociaux du Sud nous invitent à interroger les idéologies et les modes de pensée et de vie qui ont accompagné l’expansion du mode de production marchand que l’Europe a imposé au monde.

La généralisation massive de l’utilisation du pétrole, le développement gigantesque de l’automobile, le développement de l’industrie chimique et la généralisation de sa pénétration dans tous les secteurs d’activité, et en particulier dans l’agriculture avec les engrais et les pesticides, sont autant de traits du productivisme. La liste des menaces écologiques est longue : basculement climatique d'ampleur inégalé dans sa rapidité et sa brutalité, rareté de l’eau potable, pollution de l’air, des sols, destruction des forêts, désertification, menaces sur la biodiversité, nanotechnologies, manipulation et marchandisation du vivant, pauvreté chronique et faim dans de vastes régions du monde, catastrophes industrielles, épuisement progressif de l’énergie fossile, risque nucléaire... Si rien n’est fait pour endiguer ces menaces, c’est alors la possibilité même de construction d’une autre société, libre et fraternelle, voire à terme de l’existence de toute société humaine à l’échelle planétaire, qui est en cause. Les changements nécessaires sont aussi bien des conversions des structures (des techniques de production, de l'économie, de la ville, etc), que des modes de vie et des valeurs.

Articuler les dimensions sociales et écologiques
Dans ce contexte, le mouvement de lutte pour l’émancipation subit encore les contradictions entre des convictions qui ont marqué le mouvement ouvrier, selon lesquelles le progrès des sciences et des techniques pour peu qu’il soit encadré et régulé permettrait de contrôler les dégâts causés par l’activité humaine à notre environnement, et les fondamentaux d'un mouvement écologiste qui s’est largement construit en extériorité, voire en hostilité, vis-à-vis d’un mouvement ouvrier traditionnel, dominé par cette vision productiviste, mouvement écologiste n'assumant pas spontanément la portée anticapitaliste de son combat. Il y a nécessité d'analyser ces contradictions et critiquer ce qu’ont été les visions socialistes du monde sur ces questions. Il faut par exemple intégrer la dynamique pour une part négative du développement capitaliste, laquelle conduit à l'inversion de forces productives en forces destructrices, par la guerre, et par le saccage de la nature.
Contre une vision réductrice de ces contradictions, réduites à celle qui oppose forces productives et rapports de production, il convient d'intégrer celle entre les forces productives sociales et la nature, et donc avec la prise en compte de toutes les conditions de production : les travailleurs, l'espace urbain, la nature... Le choix d'une nouvelle appellation ne suffirait pas à régler les contradictions qui émergent de la rencontre de l'écologie et du socialisme. Dans le souci de construire le regroupement de nos organisations, de respecter la
diversité des références qui nous animent, sans formuler maintenant de choix terminologique, nous considérons que cette tentative est positive, car elle rend visible notre intention de combiner les deux dimensions dans la critique du système et dans les alternatives avancées,
marquent clairement le terrain politique qui nous est commun, pour un nouveau projet de société qui porte haut des revendications radicales en matière sociale, écologique et démocratique, avec l'objectif de construire un nouveau projet émancipateur dans lequel les êtres humains décident des affaires qui les concernent dans un nouveau rapport à la nature. Notre écologie est populaire, elle prend en compte le fait que ce sont les populations les plus précaires, en France et de par le monde, qui font d'abord les frais de la crise écologique (réfugiés climatiques, précarité énergétique, malbouffe..). Les inégalités sociales profondes et qui s'aggravent discréditent les appels à la nécessaire économie des ressources. Nous refusons donc les logiques culpabilisantes qui habillent le capitalisme vert et défendons une écologie de la justice sociale. La seule façon de répondre durablement à la crise écologique est d'y apporter des réponses qui soient également justes socialement. Non seulement l'ampleur de la crise écologique implique de prendre en compte la dimension écologique dans la construction d'alternatives économiques et sociales mais cette prise en compte permettra de répondre aux questions brûlantes de l'emploi, des conditions de travail et de la santé. Il nous faut construire un projet écologique et social pour l'ensemble de la société et de la planète et un ensemble d'objectifs articulant les dimensions sociale et écologique qui puissent être portés par le mouvement syndical, le mouvement écologiste et la gauche non productiviste.
La question clé est d’oeuvrer à surmonter l’opposition souvent affirmée et instrumentalisée entre défense de l’emploi et exigence écologique. La transition écologique suppose de garantir aux travailleurs/euses leur rémunération dans le cadre d’un processus de maintien des collectifs de travail, sans que les contrats de travail soient rompus, donc sans licenciement. Ce dispositif doit être financée exclusivement sur les cotisations patronales et contrôlée par les organisations syndicales. Il constitue par ailleurs une réponse aux suppressions d’emplois massives dans les entreprises et secteurs en réelle difficulté économique du fait de la course à la compétitivité et aux gains de productivité. Ceci implique de clairement énoncer la perspective d’une transformation écologique et sociale des grands secteurs de la production et des transports impliquant la conversion de toute une série d’activités, la suppression de certaines productions, mais aussi la création d’activités nouvelles fortement créatrices d’emplois et écologiquement soutenables. Cette perspective doit clairement s’appuyer sur la défense des droits des salariées et de leurs emplois, leur intervention active en lien avec les usagers dans les processus de conversion ainsi que sur la revendication d’une baisse générale du temps de travail. Il est alors essentiel d’articuler revendications sociales et écologiques dans et hors de la sphère productive. Si les réflexions des courants de la décroissance et de l'objection de croissance suscitent des réactions diverses, nous souhaitons avoir ce débat avec ces sensibilités spécifiques.

Remettre en cause les bases du capitalisme et du productivisme
Plus généralement, les productions énergétiques, industrielles, agricoles, façonnées par et pour le capitalisme, doivent être complètement réorganisées, et une large relocalisation des activités engagée, impliquant une réduction des échanges de marchandises et la conquête de la souveraineté alimentaire sur tous les continents. Cela passe par une autre vision de l'aménagement du territoire tel qu'il a été mené depuis les années 1950 et une nouvelle façon de penser la ville. La satisfaction écologique des besoins sociaux qui doit guider l’organisation de l’économie conduisant à un autre mode de développement en rupture avec le productivisme n'est pas une question simple car elle doit aller de pair avec ce que les objecteurs de croissance appellent une « décolonisation de l'imaginaire » dominant, c'est à dire la lutte contre le consumérisme, consubstantiel au capitalisme, la déconstruction de l'aliénation par la marchandise, l'imaginaire de la résolution des problèmes par le fétiche de l'augmentation du PIB, une conception du bien-être réduite à l'accumulation de biens.
Nous devrons mener une vraie bataille culturelle qui peut notamment passer par une éducation populaire à l'environnement, à la sobriété, au partage et à la gestion de biens communs. En ce sens, un certain nombre d'expérimentations (jardins partagés et solidaires, éco habitats auto gérés, coopératives ...) doivent être encouragées, en ce qu'elles permettent une éducation par l'action. Nous devons aussi (re)mettre des slogans et mots d'ordre au goût du jour, participer à des campagnes anti publicitaires, refuser l'obsolescence programmée... pour illustrer cette « décolonisation » et rompre avec le «je consomme donc je suis ». Les politiques d'austérité ont aggravé la situation de la majorité de la population en effondrant la croissance, sans que cette « croissance zéro » ne résolve aucun des problèmes écologiques : au contraire, les capitalistes en
profitent pour obtenir des concessions sur les politiques et les réglementations environnementales. Pour autant, il y a une dangereuse illusion à croire que le seul retour de la croissance dans l'économie telle qu'elle fonctionne résoudrait les problèmes : le partage de la plus-value au profit des actionnaires, la substitution du capital au travail dans une poursuite effrénée à la productivité, la précarisation du marché de l'emploi, la structure inégalitaire de la richesse font que la croissance ne saurait par elle-même répondre aux problèmes sociaux.
L'indice PIB – qui ne mesure que la valeur d'échange et non la valeur d'usage et dont l'évolution correspond à ce qu'on appelle couramment croissance – ne dit rien en termes de développement, de progrès social et écologique : une pollution, le succès commercial d'un bien inutile, le gaspillage publicitaire..., font gagner des points de PIB quand l'arrêt d'une production polluante ou le passage d'un médicament dans le statut « générique » en font perdre. C'est pourquoi nous ne souscrivons pas à des schémas de relance par une croissance productiviste destructrice et foncièrement inégalitaire, sans autre finalité que les profits de quelques uns. Quand nous luttons contre la récession économique, le chômage et l'austérité subis par les classes populaires, quand nous soutenons des mesures qui permettent aux salarié.e.s de reprendre confiance et pouvoir sur leurs vies par leurs luttes (interdiction des licenciements, embauches, augmentation de salaires..), nous mettons en oeuvre une autre logique, celle d’un développement humain, social et écologique, pas celle de l’accumulation de capital. Nous voulons une relance par la satisfaction des besoins sociaux, par la conversion écologique de l'outil de production, l 'épanouissement des personnes et des sociétés dans le cadre des contraintes écologiques, dans une autre direction que celle du capitalisme qui envoie la nature et les humains dans le mur.

La transition écologique : Que produire, où, comment et pour qui ?
On ne peut laisser aux capitalistes le choix de ce qui est produit et donc de ce qui est consommé, selon leur logique de développer tout ce qui augmente les profits plutôt que ce qui satisfait les besoins. Il est essentiel que le mouvement syndical s’empare de ce terrain et étende son action non seulement au partage des richesses produites mais aussi aux choix de production : que produit-on, comment, où et pour qui ? En outre, les méthodes de production capitalistes portent atteinte à la santé des travailleurs/euses et des paysan-nes, trop souvent usé-es et tué-es à la tâche, à celle des consommateurs et peuvent présenter des risques majeurs pour les populations, avec le nucléaire et les sites SEVESO . La défense du droit à la santé, passant entre autres par une politique de prévention, est donc porteuse d’une exigence de transformation radicale de l’organisation du travail et des modalités de production, au carrefour des revendications sociales et écologiques. Il s’agit aussi de donner un sens à l’acte de travail et de production, dans un système associant producteurs et usagerEs, et où l’utilité sociale et écologique des biens et services fait l’objet d’une définition et d’une reconnaissance collectives, ce qui implique des processus démocratiques de participation et d'intervention radicalement nouveaux Il en est de même de la question agricole : le passage à une agriculture paysanne agro-écologique conduirait à la création de centaines de milliers d’emplois dans le pays, tout en offrant une alternative aux dégâts écologiques et sociaux de l’agrobusiness.
Cela suppose un bouleversement des politiques agricoles conduites en France et en Europe ces dernières décennies, des mécanismes de garantie des revenus liés au travail, la lutte contre l'artificialisation des sols, la priorité donnée à la qualité des produits, ainsi que de nouveaux rapports entre lieux de production et de consommation des denrées agricoles, notamment le développement de circuits courts associant paysans et consommateurs.
Notre objectif est de tendre à la souveraineté alimentaire et de développer des relations de solidarité internationale respectueuses des droits des peuples à l’autonomie et au développement écologique et social. L’agriculture intensive capitaliste conduit au gaspillage des ressources naturelles, appauvrit les terres et inonde de ses produits les pays du Sud, le combat des paysanneries et des peuples de ces pays pour l’autosuffisance alimentaire doit être aussi le nôtre. Nous nous opposons ainsi à la ruée vers «l’or vert» : des dizaines de millions d’hectares achetées par les multinationales dans les pays du Sud pour produire des agro-carburants, au détriment des forêts, de la biodiversité, des terres agricoles, et qui provoque la paupérisation de millions de paysans , accentue la spéculation sur les denrées alimentaires et aggrave les crises alimentaires. Nous entendons et soutenons les voix des mouvements du Sud qui nous disent que les voies qu'ils veulent prendre pour leur nécessaire développement ne sont pas celles mortifères empruntées au Nord. Lutter et les soutenir contre le pillage des ressources et des matières premières est une des dimensions de notre combat contre l'impérialisme.

Planifier la transition énergétique
Le défi climatique ne laisse aucun doute. Les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 50 à 85% globalement, et de 80 à 95% dans les pays développés, d’ici 2050. En même temps, après Tchernobyl et Fukushima, nous savons que s’accroît le risque d’accidents nucléaires aux effets non maîtrisables et d'une ampleur incommensurable : le nucléaire ne peut être une alternative aux énergies carbonées, d’autant que les privatisations et les principes de rentabilité, la soustraitance, le secret-défense qui empêche toute discussion démocratique, menacent la sécurité des centrales et des salariés qui y travaillent comme des populations. L’engagement d’une transition énergétique revêt un caractère d'urgence. Elle doit être volontariste, maîtrisée, planifiée, portée par le débat démocratique, et se fixer comme objectif de remplacer les systèmes actuels de production fondés sur l’usage des énergies carbonées par des énergies renouvelables et alternatives non privatisées.
Elle doit également planifier une sortie rapide du nucléaire, avec dans un premier temps la fermeture des centrales de plus de 30 ans. Cet objectif passe par la diversification des ressources énergétiques, un redéploiement massif de la recherche et des investissements en faveur des énergies renouvelables, le recours transitoire à des énergies fossiles comme le gaz, une politique dont l'objectif doit être la sobriété et l’efficacité énergétique, donc la lutte contre les gaspillages. Le logement et les transports sont les principaux secteurs où des économies doivent être réalisées. Dès lors qu’ils relèvent du secteur public, c’est aussi un moyen de répondre au mal logement et à la précarité énergétique qui augmentent de façon inquiétante.
La transition doit ainsi s’accompagner d’une reconfiguration de la notion de besoins, pour mettre fin à une logique de surproduction et de surconsommation et à la croissance exponentielle de la dépense énergétique. L'extension du champ de la gratuité pour les usagers, notamment pour les quantités de biens d'usage « de base » à fournir est une réponse à la fois sociale, écologique e t démocratique. Recherche e t investissements doivent s’engager massivement vers une diversification des sources énergétiques, c’est-à-dire la combinaison de plusieurs sources d’énergies renouvelables gérées de manière décentralisée permettant de répondre aux différents besoins sans dilapider les ressources. De nombreuses possibilités existent pour un développement rapide des énergies renouvelables, non seulement l’éolien et le solaire, mais aussi du côté des technologies liées aux sciences de la terre (géothermie, marées, microalgues, biomasse...), sous réserve de leur maîtrise dans l'intérêt collectif et qu'elles répondent aux besoins sociaux d'un territoire identifié. Cette transition implique la rupture avec la marchandisation de l’énergie et l'expropriation des grands groupes de ce secteur.

L’extension du domaine des biens publics et la remise en cause de la propriété des moyens de production
Cette transition écologique pour sa réussite suppose l’appropriation publique et sociale des secteurs déterminants, à commencer par l’énergie et l’eau. La biodiversité et les ressources indispensables à la vie doivent être des biens communs inaliénables de l'humanité. Le respect des ressources en eau passe notamment par la nécessité de priver les multinationales de la mainmise qu’elles exercent sur cette ressource. De même, sortir l’énergie du marché concurrentiel pour en faire un bien commun avec une tarification progressive nécessite de constituer un service public de l’énergie, qui prendra en compte la sécurité de l’approvisionnement, mais aussi celle de la production.
Plus généralement, l’émancipation humaine nécessite donc que les producteurs soient maîtres de leurs moyens de production et de leurs produits en lien avec les usagers et consommateurs. La «crise écologique » exige de s’attaquer à tous les secteurs clés du grand capital industriel. La réponse au défi climatique est incompatible avec la poursuite de la logique des profits et de l'accumulation par dépossession. Diminuer les
émissions de gaz à effet de serre n’est tout simplement pas envisageable sans briser le pouvoir des multinationales de l’agrobusiness, de l’automobile, de la chimie, de la pétrochimie, de l’acier, etc… sans oublier le secteur des énergies fossiles, principal responsable de la catastrophe climatique !

Démocratie directe, autogestion et participation des citoyens et des salariés
Les choix environnementaux ne peuvent être réalisés sans une intervention directe et un contrôle permanent des populations, des salariés producteurs et consommateurs, des citoyens qui élisent leurs représentants à tous les niveaux. Nous devrons dans nos programmes articuler les urgences immédiates et ce que nous imaginons pour la société future. Dans nos batailles quotidiennes nous devrons proposer non seulement des éléments qui soient crédibles et acceptables par les populations mais qui puissent être ferments d'émancipation populaire. Les expérimentations déjà vivantes (coopératives, Amap, éco-hameaux, zones de gratuité, gestions publiques décentralisées etc.) nous apparaissent comme des « déjà-là » ou « gisements », des « pépites » du communisme écologiste qu'il faut soutenir et développer.
La planification écologique que nous défendons est d’abord démocratique. Elle suppose que les populations aient la maîtrise de l’information et de la prise de décision. Le pouvoir de décider passe dans ce domaine complexe par l'appropriation des savoirs, une réappropriation sociale et citoyenne des orientations de la science, une approche critique de la technique qui rompe avec le scientisme. Par exemple la transition énergétique ne peut être engagée sans un grand débat démocratique remettant à plat les choix énergétiques et la sortie ou non du nucléaire. De la même manière les politiques d’aménagement du territoire et de «grands travaux» ne peuvent se concevoir sans possibilité de choix, de consultation, de décision, reposant sur une démocratie active. De même, un système énergétique basé sur les énergies renouvelables gagnerait à être très décentralisé, non seulement pour réduire les pertes dues à la transmission mais aussi pour être le plus adapté possible à la variété des sources et permettre un véritable contrôle par les producteurs et les citoyens. Notre projet devrait approfondir cette possibilité d’une mise en réseau de systèmes énergétiques locaux, publics, gérés démocratiquement par les communautés locales.
Une démocratie écologique ne peut s’arrêter à la porte des lieux de production : de plus en plus de salariés résistent et sont porteurs de projets alternatifs sociaux et environnementaux. La transition écologique ne se fera pas sans eux. Toutes les pratiques autogestionnaires et de contrôle populaire, appuyées sur les mobilisations sociales, les expériences collectives de productions alternatives, en lien avec usagers, consommateurs et citoyens, sont les axes fondamentaux pour penser une «planification écologique». Les développements de l’économie solidaire – qui doit se garder de la récupération marchande - font partie de ce mouvement.
Dans les villes et campagnes l'action collective contre les grands projets inutiles et imposés - NDDL, certaines lignes TGV, etc.- pour résister à la destruction de l'environnement est également essentielle.
Cette prise en compte centrale de l'écologie est un élément nouveau et indispensable au programme de tout gouvernement d’une gauche digne de ce nom, un gouvernement qui s’appuierait sur la mobilisation sociale pour sortir de la crise par des mesures anticapitalistes et écologistes. C’est ce qu’une gauche alternative, portant un projet écosocialiste, rouge et vert, pour un alterdéveloppement et une écologie populaire, doit prendre en compte, dans sa vision d'un gouvernement de rupture engageant une transition vers une transformation sociale et écologique : rompre avec une logique étatique et technocratique modifiant à la marge les modes de production et d’échange, s’appuyer sur un processus d’appropriation sociale multiforme porté par la mobilisation citoyenne et des producteurs-trices. Ainsi peut s’engager un programme, une stratégie et des formes de luttes pour protéger les écosystèmes de façon à garantir des conditions de vie justes, décentes et harmonieuses pour les sociétés humaines et à favoriser largement l'émancipation politique dans la dignité et l'égalité.

2.3 Pour l'émancipation individuelle et collective

1) La convergence des combats contre toutes les formes d'oppressions et de domination, pour l’égalité des droits

L’exigence de reconstruction d’une perspective émancipatrice appelle un engagement sans failles contre toutes les oppressions, un ancrage dans tous les mouvements pour l’égalité, contre toutes les formes de racisme, de xénophobie, de discrimination sur la base des origines, du genre, de l’orientation sexuelle, des croyances, et le respect des libertés individuelles et de la laïcité.
Parce que nous luttons pour une société sans oppressions, nous mettons au coeur de notre réflexion la nécessaire articulation des luttes contre les oppressions.
Certaines divisions sont bien plus anciennes que le capitalisme lui-même et lui survivront probablement.
C’est le cas des divisions sociales liées au genre, que le capitalisme a intégrées et instrumentalisées à ses propres fins. L’oppression des femmes est une donnée commune à toutes les sphères de la société. Elle traverse toutes les classes sociales, sous des formes diverses. Elle s’imbrique aux autres types de domination : l’exploitation de classe, le racisme, ou la violence contre les individus qui ne correspondent pas aux normes hétéro-sexistes. Les rapports de domination racistes viennent redoubler et accentuer les rapports d'exploitation. Le capitalisme instrumentalise et alimente les préjugés racistes pour diviser et exploiter les catégories populaires. Il s’oppose à la réalisation des potentialités de chacune et chacun. De ce fait la lutte contre le rapport d’exploitation n’épuise pas le combat contre les oppressions à combattre pas plus qu’il ne les résume. Basé sur un autre mode de production et de consommation, une autre organisation politique et sociale, une extension sans précédent de la démocratie à toutes les sphères de la vie sociale, la lutte pour que le libre développement de chacune et chacun soit la condition du libre développement de tous et toutes, la réduction radicale des inégalités, la remise en cause radicale des oppressions et discriminations, l’éradication des normes et canons imposés par la publicité et l’injonction de consommer, le projet écosocialiste affirme l’urgente nécessité d’un bouleversement du mode de vie, d’un changement de civilisation.

2) L'exigence féministe
La crise, les politiques libérales, les politiques de la droite au pouvoir ont renforcé les inégalités et les discriminations dont sont victimes les femmes. Déjà victimes des inégalités professionnelles notamment sur le plan des salaires, les femmes ont vu leur situation s’aggraver considérablement. Le chômage a touché de plein fouet les emplois les moins stables et les moins qualifiés, souvent réservés aux femmes. Le développement du temps partiel imposé et des emplois précaires, a plongé des centaines de milliers de femmes dans la pauvreté.
Le secteur public, également fortement féminisé, a été victime de milliers de réductions de postes imposés par les plans de rigueur européens : enseignement, aide à la personne, secteur médical et secteur social etc. La remise en cause généralisée des services publics dont les femmes bénéficiaient en premier lieu dans le cadre de la division sexuelle du travail, les a aussi touchées plus durement. Les femmes ont en effet généralement la charge des enfants, mais aussi des aînés et des malades. Elles assument beaucoup plus souvent que les hommes, ces tâches seules, la plupart des familles monoparentales étant féminines. Les difficultés grandissantes de prise en charge expliquent l’actuelle baisse du taux d’emploi des femmes. Or, un emploi à temps complet est le premier rempart contre la pauvreté.
Les discriminations salariales et les plus grandes difficultés d’accéder à des carrières valorisantes se reproduisent tout au long de leur carrière. En conséquence, les femmes touchent des pensions de retraite plus faibles que celles des hommes. Les réformes ayant imposé l’allongement de la durée de cotisation et repoussé l’âge légal de départ en retraite, aggravent particulièrement la situation des femmes. Ainsi, la pauvreté touche de plus en plus de femmes retraitées.
En France, nombreuses sont les associations de lutte pour les droits des femmes qui ont été victimes de la réduction ou de la suppression des subventions publiques. Le droit à l’IVG est de fait remis en cause par les mesures d’économies dans le secteur hospitalier. La crise aggrave également les violences subies par les femmes au travail, à la maison, dans la rue.
Il y a donc une lutte essentielle à mener, l’égalité entre femmes et hommes doit devenir réalité et les violences faites aux femmes être éradiquées. Le Front de gauche et ses Fronts thématiques pour l’égalité hommes/femmes doit être force de propositions politique et de lois, en soutien aux combats du mouvement féministe, pour changer la réalité vécue par les femmes : emploi et lutte contre le travail précaire, prise en compte du travail invisible, services publics essentiels pour les droits des femmes, une école émancipatrice dispensant une éducation non-sexiste, liberté de disposer de son corps, réforme du mariage et de l’adoption en en faisant un droit pour toutes et tous, luttes contres toutes les violences et contre la marchandisation du corps des femmes...
Il s’agit bien de déconstruire les rapports de domination. L’exigence féministe, la lutte contre la domination masculine et le patriarcat, sont parties prenantes de tout projet progressiste, et l’exigence démocratique d’égalité en droits entre homme et femme a des implications dans la remise en cause du capitalisme de par la place qu’il assigne aux femmes au travail et dans la société.

3) Le combat contre le racisme et la xénophobie
Les effets directs de la crise s’ajoutent aux discriminations racistes pour une partie de la population (Arabes, Noir-e-s, Musulman-e-s, gens du voyage…). L’existence d’un racisme structurel contribue en effet à maintenir ces catégories dans un sous-statut politique, économique, social et culturel. La discrimination est présente à tous les niveaux : emploi, logement, éducation, cultre, loisirs, police, justice, histoire, mémoire...Mais ce racisme participe également à (re)construire et (ré-)inventer une communauté nationale imaginaire, aux c r i t è r e s d’appartenance e t d’identification stricts et ethnocentrés. Les Noir-e-s, Arabes, Musulman-e-s, gens du voyage, etc., sont systématiquement parmi les premier-e-s variables d’ajustement de la guerre économique que mènent les dominant-e-s et qui met en concurrence les groupes et les individus. Elles et ils sont parmi les premier-e-s “boucs émissaires” désigné-e-s comme responsables de la crise. Citoyen-ne-s de seconde zone, leur discrimination systémique sert à forger un faux sentiment/ciment identitaire pour le reste de la population.
Pour les populations immigrées (principalement celles d’Afriqe et d’Asie) et migrant-e-s (en particulier les Roms), racisme et xénophobie d’Etat vont de pair. L’immigration a été érigée en “problème” et donné lieu à des politique de plus en plus restrictives et répressives qui produisent des contingents de plus en plus nombreux de Sans-papiers. Mais avec ous sans papiers, tou-te-s sont par ailleurs, considérés comme des parasites, suspectés de menacer l’équilibre social et économique du pays, alors même qu’elles et ils contribuent, au contraire, à sa richesse et à son développement.
Or, après avoir subie des années d’une droite raciste et décomplexée qui a accéléré la banalisation des discours du FN et d’une partie de ses préconisations politiques, la gauche au pouvoir a non seulement renié ses engagements les plus significatifs en la matière (lutte contre le contrôle au faciès, droit de vote des résident-e-s étrangers...), mais une partie d’entre reprend désormais ouvertement les mêmes ficelles que la droite extrême et l’extrême droite.
Il est urgent pour notre gauche de prendre à bras le corps ces problèmes qui accentuent les divisions au sein de la société et des classes populaires, et de proposer une politique de lutte contre les discriminations systémiques, de reconnaissance et de respect de notre diversité culturelle, pour l’égalité réelle et de nouvelle conquêtes sociales pour tou-te-s.

4) Les luttes homo/bi/trans/intersexuelles
Si d’importantes avancées ont eu lieu ces dernières années en matière d’égalité des droits et de non-discrimination en fonction de l’orientation sexuelle (PACS, mariage pour tou-te-s...), les personnes homo/bi/ trans/inter-sexuelles subissent encore de nombreuses discriminations au quotidien. Les mobilisations de masse organisées par la droite et l’extrême-droite contre le mariage pour tou-te-s tout comme, à un atre niveau, les débats autour de l’enseignement des questions de genre et de sexualité témoignent de la prégnance des préjugés réactionnaires et de l’hétéro-normativité. Nous devons être partie prenante des batailles politiques et idéologiques qui permettront non seulement de faire avancer les droits mais aussi de déconstruire ce carcan d’oppression.

Parties du texte qui restent en élaboration,
des contributions et propositions sont en cours :

2.4 Pour le droit à l’éducation, à la culture et à la ville
1) L'école et l'éducation populaire
2) Libérer la culture et l'information de la marchandisation
3) Contre les inégalités territoriales, pour le droit à la ville

2-5 Pour la démocratie et l’appropriation sociale

La démocratie possible est loin d’exister : elle ne peut se limiter à un changement de majorité parlementaire. Notre engagement pour l’émancipation passe par une lutte qui allie la transformation de la société et des droits établissant une égalité réelle. Combiner la libération sociale et le respect des contraintes écologiques ne sera possible qu’en réorganisant les structures politiques, économiques et sociales de fond en comble. Pour ne plus subir la domination des « règles de l’économie de marché », les mouvements sociaux rassemblent des énergies, des potentialités qui portent les moyens d’une sortie du système capitaliste

Une nouvelle République démocratique et sociale
A l’opposé des conceptions de la République qui nient la réalité de l’exploitation capitaliste, de la domination patriarcale, de l’impérialisme et du néocolonialisme de l’Etat français, il y a urgence à faire entendre avec force l’aspiration à une véritable République démocratique et sociale. Le point de départ d’une stratégie de transformation sociale et écologique sera la rupture avec le régime politique existant et les institutions antidémocratiques de la Vème République. C’est le sens de la revendication d’un processus d’Assemblée Constituante pour permettre le développement d’une véritable démocratie formant le socle d’une VIème République. Il s’agit en particulier d’en finir avec le régime présidentiel et de permettre une véritable expression de la souveraineté populaire, qui impulse les chantiers de l’appropriation sociale et de la
transition écologique, pour engager une réorganisation d’ensemble de la société. Ce moment de l’Assemblée Constituante émerge aujourd’hui comme une étape dans tous les processus de mobilisation prolongé que ce soit en Amérique Latine ou dans les pays arabes. Il ne se limite pas à la désignation de représentants qui rédigent une nouvelle constitution, mais à des allers-retours avec des assemblées populaires, des Etats généraux, des forums citoyens avec les organisations sociales et politiques, et des referendums populaires validant les choix des constituants.
C’est un processus durable, mettant au coeur l’engagement citoyen et le débat public, qui entraîne une réévaluation par la société dans son ensemble de l’ensemble de ses règles communes et des fondements qui doivent prévaloir. Le moteur de cette révolution, c’est de donner toute leur place à tous ceux qui aujourd’hui se retrouvent exclus des institutions, qui n’ont plus accès aux droits, qui ne peuvent pas participer à la représentation de tous. Il faut donner voix aux sans voix, aux plus précaires, souvent les jeunes et les chômeurs, donner une place pleine et entière aux femmes qui continuent d’être marginalisées, mettre à bas les barrières institutionnelles, sociales et politiques empêchent la participation des populations d’origine étrangère résidentes, privées de citoyenneté et du droit de vote.
Cela implique enfin un développement nouveau de la démocratie dans les territoires, à l’opposé d’une logique de mise en concurrence qui accentue les inégalités entre eux et les entraîne dans une course mortifère pour attire les capitaux. Les échelons locaux, que ce soit les Communes, les Départements et les Régions, garantissant le droit effectif des citoyen-nes à participer à la prise des décisions les concernant par l’élection de leurs représentant-es, et le recours à la consultation directe décisoire chaque fois que nécessaire, dotés de réels moyens financiers, peuvent être des outils décisifs de l’implication de la majorité de la population et un moteur puissant du développement économique et écologique. Un tel processus pour une nouvelle constitution respectera le principe de l’autodétermination des peuples, de leurs droits et de leurs cultures, en
particulier des langues et cultures régionales de l’hexagone, au sein d’une nouvelle République, et du droit des peuples des territoires et département d’outremer à re-définir librement la nature de leurs liens avec celle-ci.

L’impératif de la démocratie dans les questions les plus quotidiennes.
Il impose la défense de toutes les libertés démocratiques, il suppose une pratique respectueuse des formes d’organisation que se donne le mouvement populaire, il est au coeur de notre projet, qui promeut la défense et l’extension du suffrage universel. La participation citoyenne sera rendue possible par la garantie effective des droits civils, politiques, sociaux et environnementaux, accompagnée d’une réduction radicale du temps de travail.
La démocratie la plus large possible appelle le développement des pratiques d’auto organisation et d’autogestion. Cet impératif impose de dépasser la césure entre mouvement social et politique institutionnelle : quelles réorganisations des services publics, et de toutes les institutions ? Comment cela se prépare dans une pratique de nos élus en lien avec les mouvements sociaux ? Comment, avec toutes sortes d’expériences pratiques déjà actuelles permettre le développement de toutes les formes possibles de démocratie participative et de contrôle ?
Nous visons une dynamique des mobilisations populaires de masse qui contrecarre les logiques d’intégration et d’institutionnalisation du système. Et cette démocratie suppose un système médiatique qui développe l’esprit critique des citoyens.

Défense des biens publics et citoyenneté dans l’entreprise, inséparables d’une extension de la démocratie

Devant la financiarisation de l’économie et le sauvetage des banques qui accentuent les dettes des États, une exigence se fait jour de plus en plus largement : pourquoi ne fait- on rien contre ces profiteurs ? Question qui s’exprime aussi bien dans les luttes pour l’émancipation que dans la défense des « biens communs» par une logique de «service public», mise en évidence lors des Etats généraux.
Déjà aujourd’hui, de grands enjeux économiques sont perçus comme devant relever du « bien commun » par une majorité de la population et ne devant pas être soumis à la logique du marché. C’est le cas en ce qui concerne la gestion de l’eau, l’énergie, les transports, la santé, l’école. Ces domaines ne peuvent être soumis à la loi du marché et au règne de la concurrence.
Notre projet est la construction d’une société où les échanges comme la production des biens et des services sont essentiellement assurés par des services publics (territoriaux, nationaux, européens et internationaux), des entreprises publiques, des coopératives autogérées et toute autre forme d’appropriation sociale de la production. L’enjeu est de transformer en profondeur la conception des services publics, pour que l’usager ne soit pas seulement entendu, mais soit partie prenante des décisions, du fonctionnement et de leur évolution. La place et le rôle des salarié- e-s et de leurs représentant-e-s d’une part, des citoyen-ne-s, du suffrage universel et des élu-e-s d’autre part, des usager-e-s/consommateurs-trices et de leur représentant-e-s enfin, doit faire l’objet d’une discussion différenciée en fonction des productions et des niveaux considérés. Cela ne peut se séparer des discussions pour une Constituante et une nouvelle république.
La lutte pour la création de nouveaux services publics, la défense des monopoles publics contre les mises en concurrence et les privatisations s’inscrivent ainsi dans un double objectif : la défense des services publics comme instruments d’égalité, et la promotion d’entreprises et de services qui, avec bien des imperfections structurelles, représentent des modèles de production alternatifs au modèle de l’entreprise capitaliste et de l’artisanat.
Des batailles politiques sont mènées, portées par le mouvement syndical et associatif, pour faire reconnaître des besoins nouveaux qui émergent et qui doivent relever d’une extension des services publics, par exemple la question de la prise en charge de la petite enfance, de la perte d’autonomie, du logement.
Faire prévaloir la coopération et la recherche du bien commun sur la concurrence et la course au profit nécessite ainsi d’envisager l’extension de la démocratie et de la citoyenneté comme le coeur de la démarche transitoire à développer. Il s’agit de faire éclater la barrière entre « citoyen » et « salarié », faire rentrer la citoyenneté dans le monde de l’entreprise, donner de nouveaux droits aux salariés, renforcer et développer le pouvoir de décision et de contrôle des salarié-e-s et les prérogatives des représentant-e-s du personnel, droit de veto des salarié-e-s et/ou de leur représentant-e-s sur les licenciements et les « plans sociaux », ouverture des livres de compte et accès à l’ensemble des informations nécessaires...) Ces exigences sont inséparables de l’affirmation du droit des citoyen-ne-s et des élu-e-s à prendre part aux processus de décisions sur les questions stratégiques concernant la production et ses finalités.
L’enjeu profond de la rupture avec le capitalisme est le développement d’une véritable démocratie sociale et politique au sein du monde de l’entreprise, pour en finir avec ce « despotisme d’usine » dont parlait Marx qui détourne les énergies et l’intelligence productive de millions de salariés, d’ingénieurs, de techniciens de la progression du bien commun.

Temps libéré et nouveaux droits sociaux : l’amorce de sortie du système capitaliste
Toute l’histoire du mouvement ouvrier est marquée de références dont la suivante reste à écrire. En 1865, parce que la lutte pour l’abolition de l’esclavage avait abouti, les ouvriers américains ont lancé la revendication de « la journée de huit heures », devenu le mot d’ordre de toute l’AIT (Association internationale des travailleurs). Dans les années trente, l’unité s’est faite pour « la semaine des 40h », Et le temps d’étude des jeunes et de vie à la retraite ont fait partie des avancées depuis la moitié du 20e siècle.
Mais, signe d’une victoire politique de la bourgeoisie, l’exigence de la réduction massive du temps de travail, et de sa réorganisation pour éradiquer le chômage, a été délaissée.
Rappelons l’autre repère. « Chacun a droit » dans notre société à une activité utile et aux revenus correspondants. Dans Préambule de la Constitution actuelle, continuité du Programme du CNR et des exigences de la Révolution de février 1848,. ce droit fait partie de la définition de notre démocratie.
Ce principe du droit au travail ou à des revenus correspondants doit retrouver sa place dans nos combats politiques, culturels, revendicatifs : un axe fort, des « mesures d’urgence » à l’horizon d’émancipation. Ce droit à ne pas « être de trop » dans la société soit reconnu à toutes et tous : pour le respect des individus, de leur diversité, de leur liberté.
Cette question trouve une actualité immédiate et se manifeste dans des revendications syndicales que nous devons soutenir : la sécurité sociale professionnelle comme le droit à la formation tout au long de la vie ; et pour les jeunes le droit à des revenus garantissant leur autonomie dès la fin de la scolarité obligatoire.
Ces normes nouvelles concernent tous les salarié·es, comme le plus grand nombre des artisans, des scops et des agriculteurs. Juste droit politique, il crée des garanties pour tous les individus.
Ce serait certainement un pas hors de la logique capitaliste, à l’opposé de la remise en cause du salariat par les capitalistes actuels. Mais sans cet horizon il n’y a pas de transformation sociale possible. Cette option défend le droit de toutes et tous à une existence dégagée de l’angoisse de la précarisation. Elle autorise aussi à affirmer que la libre activité de chaque être humain est la condition de l’enrichissement de tous et toutes.
Sans une telle démarche politique, la bourgeoisie est maîtresse du temps. Le chômage et la précarisation, notamment à l’encontre des femmes et des jeunes, sont le résultat de l’accumulation entre une minorité de profiteurs. Une part de la plus-value créée par le travail, appropriée et détournée par le patronat, devrait servir à financer ce redéploiement de l’organisation du travail et permettre le droit à une pleine activité.
Aujourd’hui, l’immense bond de la productivité du travail, conjugué au va et vient travail/« hors travail » et au dépassement des conceptions productivistes permettent une réduction importante de la durée du temps passé en entreprise et que toutes et tous aient un emploi.
Il ne s’agit donc pas là d’ « utopie » mais de nécessité brûlante.
Une avancée dans les pays d’Europe aurait une portée mondiale. Ainsi, les exigences liées au travail, à l’environnement, à la protection sociale, à la culture, pourraient se discuter démocratiquement.

Une démocratie qui remet en cause la propriété privée des moyens de production.
Sans une rupture avec les institutions et les logiques marchandes, il serait illusoire de parler de « socialiser ». Sans une extension maximale d’une démocratie à tous les niveaux, il serait illusoire de parler un nouveau mode de gestion de la société et de pouvoir.
Il ne serait pas possible de décider quoi et comment produire, ni de défendre les biens publics ni de développer une transition écologique. Une veritable alternative de sortie du capitalisme suppose de réaffirmer le projet de déposséder la minorité des principaux moyens de production et d’échanges qu’elle détient, d’abolir la propriété lucrative. Cette appropriation publique et sociale par l’ensemble de la population nécessite de planifier la production et les étapes de la reconfiguration de celle-ci, le marché n’étant plus utilisé que comme un instrument second et subordonné. Elle suppose une réduction radicale des inégalités de revenus et des patrimoines.
Changer le travail pose la question de savoir qui décide et en fonction de quels critères : c’est bel et bien la question de la propriété et du pouvoir dans les entreprises qui se trouvent posés.
Toutefois, en rester à la seule question de la propriété, absolument incontournable, sans promouvoir des processus démocratiques de décision, conduirait à reproduire des impasses étatiques et les logiques de domination et de « caporalisation», en contradiction avec la visée d’une révolution démocratique. La planification comme certains mécanismes de marché doivent être des moyens, de délibération collective et au service d’une société qui permette la satisfaction de besoins de chacun, l’épanouissement collectif et individuel et la maîtrise par l’humanité de sa vie commune et des rapports à la nature.

Affirmer la perspective de la rupture.
Une révolution citoyenne, sociale et démocratique passe par l’instauration de nouvelles institutions par le biais d’une Assemblée Constituante et de la fondation d’une VIe République démocratique et sociale; une nouvelle constitution, la construction d’un droit nouveau, qui garantira la séparation des pouvoirs publics, par ailleurs radicalement remodelés.
Un mouvement social contre les puissances dominantes du système capitaliste est indispensable pour la rupture telle que nous proposons de la discuter et de la préparer, convaincus que le capitalisme ne peut être dépassé graduellement sans affrontements majeurs avec les fondements du système. La Transformation sociale est un processus, qui ne peut se faire du jour au lendemain par une simple généralisation des luttes conduisant à un bref et unique affrontement avec l’Etat.
Si elle veut réellement être l’expression consciente et démocratique des classes populaires, elle devra s’appuyer sur un processus conjoint de mobilisations et élections, dynamiques populaires et victoires électorales, rapports de force conquis par les luttes, les grèves, l’auto organisation, et le contrôle démocratique via le suffrage universel à chaque étape, renforçant et légitimant pleinement les aspirations majoritaires du peuple tout en lui garantissant lecontrôle du processus de transformation.
Nous visons l’avènement de gouvernements rompant avec la logique capitaliste et engageant une transformation profonde des rapports sociaux, sans se laisser enfermer dans l’Etat tel qu’il est : pas seulement changer l’Etat, mais changer d’Etat.
Cela ne résout pas l’ensemble des questions posées pour envisager le développement d’une société permettant l’épanouissement de chaque individu, mais c’est un point de départ pour approfondir une discussion qui tire le bilan de certaines expériences passées.

2-6 Le monde que nous voulons

Nous voulons être utiles dans la lutte contre la globalisation du libéralisme, contre les conflits et les guerres, pour une nouvelle architecture internationale, pour un nouveau monde.
Convaincus que nous ne pouvons réussir une transformation sociale et écologique dans un seul pays, conscients que le projet de bousculer le capitalisme mondialisé n’a de sens et de possibilité que s’il met au coeur la nécessité d’unifier les luttes des peuples, et de faire converger les exigences d’égalité, de liberté et de justice sociale, nous assumons une dimension internationaliste permanente ;
- Ici même, dans la solidarité avec les immigrés, dans l’extension des droits civiques et sociaux sur la base
d’une citoyenneté de résidence.
-Dans l'Union européenne, pour une Europe sociale et démocratique, une alternative de gauche pour rompre avec la construction libérale de l’Union européenne tout en combattant les replis nationalistes.
Les mouvements des peuples, des «Indignés», contre l’austérité généralisée en Europe et le déni de
démocratie, prennent un ampleur nouvelle et appellent au renforcement de nos combats communs et à la refondations de perspectives émancipatrices sans frontières. Une avancée sur les droits sociaux dans les pays d’Europe aura une portée mondiale. Aussi, à l’encontre des multinationales et des institutions internationales, nous entreprenons une campagne pour mettre en évidence une règle d’actualité : les entreprises d’ampleur mondiale ayant, de proche en proche, des actionnaires et propriétaires voisins ou associés doivent être tenues d’appliquer les règles du Bureau international du travail (BIT). Et donc aussi les règles respectant l’environnement et la santé. La maîtrise de ces conditions doit être assurée par des droits, et une intervention renforcée des représentants des salariés ; pour encadrer et contrôler les pouvoirs des chefs d’entreprise des forums sociaux locaux et régionaux auront le droit de donner un « label » aux productions, en lien avec les syndicats. Les exigences liées au travail, à l’environnement, à la protection sociale, à la culture ne s’opposent pas, et devraient se discuter démocratiquement.
- A l’échelle du monde, pour une politique solidaire entre les peuples, sans céder aux « raisons d'États » et aux politiques de grande puissance, y compris celles de l'État français. Nous défendons une politique basée sur le droit à l’autodétermination des peuples victimes d’oppressions néo coloniale, d’exploitation impérialiste, de destruction de l’environnement par le pillage des ressources naturelles. Nous défendrons une politique de paix et de désarmement, notamment le désarmement nucléaire unilatéral, contre les logique de guerres qui, au nom de prétendues valeurs occidentales, aggravent les inégalités entre les peuples et empêchent le développement humain pour servir un neo-impérialisme des grandes puissances. Nous agirons pour la dissolution des pactes militaires issus de la guerre froide et le retrait de la France de l’OTAN, pour une autre architecture des relations internationales au lieu d’une instrumentalisation de l’ONU et d’une allégeance au FMI et à la Banque Mondiale fauteurs d’austérité et de domination contre les peuples. Nous agirons pour mettre fin à la politique africaine de la France basée sur les relations neocoloniales de la Françafrique et une présence militaire permanente de la France sur ce continent. Nous agirons pour la reconnaissance des droits des Palestiniens et en solidarité avec les révolutions engagées dans le monde arabe.
Cette dimension internationaliste permanente s'incarne en particulier dans l'engagement altermondialiste et la participation active au processus des forums sociaux à toutes les échelles, des forums sociaux locaux au Forum Social Mondial : c'est dans ce processus que se construisent non seulement les solidarités mais aussi le croisement des luttes et des mouvements de contestation multiformes du capitalisme mondialisé, c'est dans ce processus que se dessinent les pistes d'un projet alternatif de société.

Conclusion sur notre travail d’élaboration programmatique

Notre regroupement représente la confluence de forces issues de traditions et de références plurielles, se réclamant du marxisme révolutionnaire, de l’écosocialisme, du communisme, républicaine et socialiste,de l’anticapitalisme, de l’objection de croissance, du socialisme rouge et vert, de l’écologie populaire, de la tradition communiste révolutionnaire, de l'anticapitalisme, pour les autres des apports de l’autogestion et de l’écologie anticapitaliste, ou encore de l’alter développement. Pour d’autres encore de la crise du Parti communiste, ou de celle du Parti socialiste dont la direction est totalement incapable aujourd’hui de redonner du sens au projet initial de République sociale, et également du mouvement social, du syndicalisme, du mouvement associatif, du mouvement altermondialiste, tous en capacité de produire une réflexion politique d’ensemble.
Grâce à cette diversité, elles constatent une profonde convergence de vues comme ce texte en témoigne, suffisante pour se regrouper et agir dans un cadre commun. Elles entendent travailler à faire émerger,avec d’autres, une nouvelle synthèse dessinant les perspectives d’une nouvelle société et les grands traits d’une stratégie pour y parvenir.
Le nouveau regroupement se situe donc dans la confluence de ces différentes traditions et références dont il
hérite et avec lesquelles il a vocation à travailler et à débattre.