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LA LETTRE d'ENSEMBLE! 69 de DECEMBRE 2021 (n°39)

"Dans 10 féminicides, c'est Noël ..."

Cette pancarte au sein de la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles, ce samedi 27 novembre à Lyon, rend bien compte de la tonalité d'une manifestation qui a rassemblé plus de 7000 personnes : colère, humour noir,  refus du blabla gouvernemental, détermination à se battre pour que ces violences soient réellement combattues ; volonté de ne plus rien laisser passer au quotidien non plus...
Une manifestation dense, très dynamique, très jeune, avec de nombreuses pancartes apportées par les participant·es et des slogans radicaux exprimant le ras le bol devant le constat toujours renouvelé_:
«_Nous sommes des millions de femmes à avoir subi et à subir encore des violences sexistes et sexuelles qui nous pourrissent la vie. Nous sommes des millions à avoir été victimes et avoir vu ces violences abîmer nos amies, nos soeurs, nos voisines, nos amoureuses, nos mères, nos enfants ou nos collègues.
Ces violences qui visent les femmes et les minorités de genre, ne sont pas un hasard. Elles sont issues du patriarcat qui est un système inégalitaire fondé sur un rapport de domination des hommes sur les femmes.
Les violences sexistes et sexuelles s’inscrivent dans un continuum des violences, c’est-à-dire que toutes les violences exercées à l’encontre des femmes et des minorités de genre sont inséparables les unes des autres. Elles connaissent de nombreuses et diverses manifestations, allant du sexisme au quotidien aux violences conjugales, des violences psychologiques au harcèlement sexuel, du viol aux violences gynécologiques et obstétricales, des atteintes au droit à l’IVG aux stérilisations forcées…_ Et elles s’exercent dans différentes sphères : dans la famille, dans le couple, au travail, et dans l’espace public.
Elles touchent aussi les enfants, co-victimes des violences conjugales ou victimes de violences sexuelles telle que l’inceste par exemple. Ces violences s’imbriquent et se cumulent pour certaines personnes en raison de leur situation de handicap, de vulnérabilité, de leur âge, de leur origine sociale, de leur statut de migrantes, parce qu’elles sont lesbiennes ou bisexuelles, parce qu’elles/ils sont transgenres, intersexes, parce qu’elles sont autistes ou parce qu’elles sont racisées,..._»
Les «_femmes battantes_» ont ouvert l'évènement au rythme de leurs percussions, suivi d'un happening de l'association FILACTIONS, rappelant des réalites, des chiffres_: 102 féminicides en 2020 et déjà presque autant à cette date en 2021, chaque année en France plus de 200 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur conjoint ou ex-conjoint.
La manifestation a ensuite parcouru les rues de Lyon en passant par le Vieux Lyon.
Les revendications :
- Des moyens réels pour les associations qui accompagnent les femmes victimes de toutes violences, comme par exemple renforcer les moyens dédiés pour le 3919, la ligne d’écoute pour les femmes victimes de violences ouverte 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.
- Une hausse des hébergements d’urgence et la protection des victimes.
- La formation de tous·tes les professionnel·les.
- Des campagnes de prévention et de sensibilisation dans les écoles faites par des structures qualifiées et féministes
- Une prise en charge correcte et féministe des auteurs de violences sexistes (qu'elles soient conjugales, sexuelles …)
C'est un budget d'un milliard que revendiquent les associations.
Le succès de la manifestation à Lyon comme dans de nombreuses autres villes montre la déterminations des associations, des citoyennes. Il est plus temps de donner les réponses à la hauteur de la situation.
Anne Charmasson-Creus




Migrant·es, la rue, le froid et la mer tuent

 L’émotion est un produit extrêmement volatil. Les 27 morts de la Manche ont aussitôt fait oublier la toute petite tombe creusée aux confins de la Pologne et de la Bielorussie, la tombe d’un bébé né avant terme dans cette forêt maudite hérissée de barbelés. Un court instant, cette tombe avait fait oublier les naufrages en Méditerranée.  Ainsi va le monde … jusqu’à quand, jusqu’à quoi ?
Et à Lyon, pendant ce temps là ? le feuilleton des squats continue avec ses expulsions brutales et, parfois, ses victoires judiciaires. Ainsi, la justice a débouté la société ICF, propriétaire de l’immeuble « abritant » le squat « le Chemineur » dédié aux mineurs en recours. Au nom de la « Protection de l’enfance » la juge a autorisé les occupants du squat à y séjourner jusqu’au 1er Avril 2023. Le même jour, le tribunal accordait neuf mois supplémentaires au squat Sans-Souci. Et maintenant ? Au Chemineur, il n’y a toujours ni électricité ni chauffage. Cependant, la situation y est meilleure qu’au campement de la Montée de la Grande-Côte où 34 jeunes dorment dans des températures avoisinant 0°. Un nouveau squat a été ouvert Place Chardonnet, dans les Pentes, avec, disons le, plus que la neutralité bienveillante de la Ville et de la Mairie du 1er arrondissement. Dont acte. L’immeuble appartient aux Hospices Civils de Lyon. Souhaitons, cette fois, que ces gens soient plus cléments que la température ambiante. Et le Collectif Croix-Rousse et l’AMIE (Accompagnement Mineurs Isolés Etrangers) de se (re)tourner vers la Métropole. Suite à une rencontre récente, on peut raisonnablement espérer que l’électricité puisse être installée au Chemineur dans un avenir proche. De son côté, la société ICF (invitée à cette réunion par la Métropole), soucieuse que le squat dégage bien avant le 1er avril 2023, pourrait mettre à disposition des appartements leur appartenant dans d’autres secteurs de la Métropole. Sympa ! le résultat du procès leur aurait donc fait découvrir le concept d’habitat intercalaire.
Avec la Métropole, c’est toujours le même dialogue un peu vain tournant sur deux thèmes récurrents :
1) si ces jeunes n’ont pas été déclarés mineurs par le CMAE (Centre de Mise à l’abri et d’Evaluation), c’est qu’ils sont majeurs donc c’est à l’Etat de s’en occuper.
2) on fait tout ce qu’on peut et vous nous dites qu’on ne fait rien et vous ne vous en prenez pas à l’Etat qui devrait « mettre la main à la poche ». Ce à quoi les collectifs de soutien et les associations répondent invariablement :
1) Vous êtes dans l’illégalité si vous refusez à ces jeunes le droit de faire un recours devant le juge pour enfants et ce sera le cas s’ils sont dans la rue sans soutien.
2) Personne ne dit que vous n’avez rien fait. Nous disons qu’il reste beaucoup à faire. Et faut-il seulement demander à l’Etat de « mettre la main à la poche » ou d’abord se poser la question de savoir pourquoi il ne le fait pas ?
Pourquoi l’Etat aiderait-il la Métropole de Lyon à mettre à l’abri les migrant·es, alors que sa politique consiste à les empêcher d’entrer en France, à les renvoyer, à leur rendre la vie impossible ? La Loi Collomb d’octobre 2017 a encore durci les conditions d’accueil. C’est cela qui est en cause et la Métropole pourrait jouer un rôle important en s’opposant politiquement au gouvernement au lieu d’attendre que l’Etat « mette la main à la poche ». Ce genre de ping-pong institutionnel, un grand classique depuis quarante ans, nuit gravement aux politiques publiques. Il serait bon que le Président de la Métropole s’exprime enfin lui-même sur la situation des mineur·es isolé·es, plus largement sur la situation des migrant·es et, tant qu’il y est, à propos de tous les gens qui dorment dehors.

Nous, en tous cas, nous continuerons à exiger la fin de ces politiques migratoires indignes, liberticides et criminelles impulsées par le gouvernement et l’Union Européenne. Que l’on cesse de verser des larmes de crocodile sur des drames que l’on a initiés ! Augmenter les crédits de Frontex est une réponse scandaleuse à la mort de 27 migrant·es dans les eaux glaciales de la Manche. Frontex est le plus beau (et le plus cher) fleuron de l’arsenal répressif de l’Europe envers les migrant·es. Que l’on refonde les critères de l’asile (ils datent de la convention de Genève).
Nous nous mobiliserons le 18 Décembre pour la Journée des Réfugiés. La « Marche des Solidarités » a lancé un appel pour ce 18 Décembre. La mobilisation doit être la plus large possible pour exiger un logement et des droits pour toutes et tous et aussi la fermeture des Centres de rétention, la suppression de Frontex et la régularisation de tous les Sans-Papiers.  


Margot Backès-Marx


Adresses : lecollege@riseup.net
Collectifrefugie69@laposte.net
collectifamie@lists.riseup.net

Conseil de Développement de la Métropole de Lyon : Faire vivre le débat démocratique

 Le Conseil de développement est la seule instance citoyenne permanente dont les actions couvrent l’ensemble des thématiques des intercommunalités de plus de 50 000 habitant·es. Institué par la loi Voynet en 1999, il a été conforté récemment par les lois « Notre » (2018) et « Engagement et Proximité » (2019), qui l’inscrivent dans le Code général des collectivités territoriales (CGCT). Avec son statut singulier, la Métropole de Lyon a failli voir disparaître son CDD, qui a été sauvé in extremis sous l’influence de ses membres – et non des élus de l’ancien mandat – dans le cadre des échanges autour des deux dernières lois. Celles-ci lui permettent :
- d’être institué par tous les EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) ou groupement d’EPCI, toujours de façon obligatoire pour celles de plus de 50000 habitant·es ;
- d’avoir une composition élargie : société civile organisée des milieux économiques, sociaux, culturels, associatifs, environnementaux, scientifiques et éducatifs ou simples habitant·es, à parité et reflétant la pyramide des âges de la population du territoire ;
- d’obtenir des pouvoirs (mais pas trop non plus !) : avis obligatoire sur l’élaboration du projet de territoire, les documents prospectifs comme ceux portant sur le développement durable ; possibilité de donner son avis sur l’aménagement, l’habitat, les déplacements (PLU-H, PDU) ; possibilité de s’autosaisir de toute question intéressant le territoire qu’il couvre ; possibilité d’animer le débat public en étant un espace de dialogue, d’expression libre et argumentée entre acteurs divers et citoyens ;
- de s’organiser librement : il peut par exemple élaborer un règlement intérieur prévoyant son fonctionnement, celui de sa présidence et de son bureau ;
- de disposer de moyens : l’EPCI doit veiller aux conditions du bon exercice du conseil de développement et de ses missions en assurant les moyens matériels, humains et financiers utiles à son fonctionnement ;
- de rendre compte aux élu·es : le CDD établit un rapport d’activité, examiné et débattu par l’organe délibérant de l’EPCI, par exemple le conseil de la Métropole.

Si je résume en une phrase la feuille de route en matière de participation citoyenne, je mettrais quelque chose comme : la Métropole de Lyon doit pouvoir connaître ses usager·es, être connue et comprise par eux-elles, permettre l’inclusion de tous·tes, être claire sur les règles du jeu quand les habitant·es sont consulté·es ou participent à la co-construction, doit rendre compte (le fameux « droit de suite » citoyen).
Dans ce cadre, la nouvelle formule du CDD de la Métropole de Lyon s’inscrit comme l’instance la plus indépendante vis-à-vis des élu·es et de l’administration et intervient dans un champ à la fois complémentaire et indispensable aux autres actions dans les politiques du dialogue public. Le Conseil de Développement est un cadre de débat indépendant : 3 assemblées par an minimum, ouvertes à tous·tes les habitant·es et acteurs du territoire. Il est un lieu d’élaboration : son comité d’organisation, à moitié composé d’habitant·es (collège territorial) et d’acteurs locaux (collège acteurs) peut réaliser des contributions sur tous sujets remontés par les assemblées, et peut le faire avec ou sans les élus et l’administration. Il est un lieu d’interpellation des élus : il peut venir dans les commissions thématiques et le cas échéant, en accord avec le Président de la Métropole, venir débattre en conseil métropolitain directement !

Le débat public, les « concertations », sont à 99% à l’initiative des collectivités, des élus, des administrations. Les interventions de la société civile sont également le plus souvent organisées par les pouvoirs publics et les échanges concernent les domaines de compétences des organisations qui participent. Mais la société civile peut avoir un avis au-delà de son expertise habituelle, un avis politique propre, des critiques et des façons de les faire connaître différentes du cadre dans lequel on lui demande de s’inscrire. Le Conseil de Développement est un outil qui garantit cette liberté d’organisation, de contenus, de débats entre habitants de la Métropole de Lyon. C’est l’ambition de cette nouvelle formule, en espérant que les citoyens et acteurs s’en emparent, et en fassent une véritable assemblée citoyenne permanente.

Laurence Boffet

Eric Zemmour, enfant de Pétain

 un communiqué régional d'Ensemble! à l'occasion de sa venue à Charvieux-Chavagnieu

 

 Eric Zemmour bénéficie d'une hyper médiatisation d'autant plus indécente que sa pensée et ses dires sont inacceptables.
• Eric Zemmour, c'est d'abord une révision de l'histoire de France qui exprime la nostalgie d'un Etat fort contre les promesses de liberté et d'égalité de la Révolution française. Ce révisionnisme culmine dans une légitimation des crimes antisémites de la dictature de Pétain basée sur la collaboration avec l'Allemagne nazie. Cette vision est celle de l'extrême-droite française depuis 1945. Et elle fait des émules : « Est-ce qu’en signant l’armistice on n’a pas donné aux Juifs les moyens de protection qui, pendant deux ans, permettaient de fuir le régime nazi ? Moi je ne peux pas répondre. » (Etienne Blanc, vice-président Les Républicains de la Région AuRA, ancien candidat à la ville de Lyon, cité dans Le Journal du Dimanche).
• Eric Zemmour c'est la haine des Musulman·es accusé·es de vouloir remplacer la population française. Cette expression du racisme le plus abject a d'ailleurs été condamnée par la justice. Cette haine, si elle devait devenir une politique de « remigration », conduirait directement à la guerre civile, guerre à laquelle se préparent déjà plusieurs groupuscules fascistes.
• Eric Zemmour c'est le rejet de l'homosexualité, de la transidentité et de l'égalité entre les femmes et les hommes au profit d'une vision patriarcale d'une soi-disante complémentarité des rôles « masculins » et « féminins ». Cette volonté de domination masculine est caractéristique de tous les discours réactionnaires.
• Eric Zemmour, c'est la légitimation de l'idéologie et des comportements des groupuscules fascistes. C'est la synthèse tant attendue depuis la destitution de Jean-Marie Le Pen par sa fille. Identitaires, royalistes, nationalistes-révolutionnaires, catholiques intégristes, étudiants nationalistes, toutes et tous se sont uni·es derrière lui et s'organisent notamment à la Traboule, à Lyon.
• Eric Zemmour c'est une politique antisociale au service du patronat : semaine de 39h dans la Fonction Publique, âge de départ à la retraite repoussé à 64 ans (il hésite avec 67 ans... !!), refus de toute augmentation du SMIC. C'est enfin l'absence de prise en compte de la réalité du changement climatique et de ses effets.
• Autoritarisme, antisémitisme, racisme, LGBTphobie, sexisme hallucinants fondés sur des fantasmes et des mensonges, Eric Zemmour c'est l'extrême-droite décomplexée, une tentation fasciste assumée au service des ultrariches.

Les collectifs ENSEMBLE ! de la Région Auvergne-Rhône-Alpes dénoncent cette venue du propagandiste d'extrême-droite dans la région à Charvieu-Chavagnieux dans le cadre de sa campagne qui le prépare sans doute à candidater à l'élection présidentielle d'avril 2022.

La Coordination régionale des Collectifs ENSEMBLE!
Le 04/11/2021


Pour une rupture démocratique, écologique et sociale, Relevons la tête !


 Les syndicats appellent dans l’unité à une journée de grève le 5 octobre. Dans toute la société, il y a une grande attente sociale, écologique. Il y a l’espoir de sortir du COVID et une forte exigence démocratique et solidaire.

Tout le monde discute vaccination, santé publique, passe sanitaire. La vaccination est l’équivalent d’un service public universel. Des vies sont menacées : on ne doit pas tergiverser sur la santé, bien commun. Mais il est intolérable que le gouvernement ait promulgué cet été une loi qui brise le contrat de travail des soignants non vaccinés. Halte à la brutalité : un moratoire s’impose !

Les forces de gauche, écologistes, syndicales, devraient faire campagne ensemble pour le geste vaccinal collectif et solidaire, avec des débats publics partout, le droit à des assemblées sur le lieu de travail, avec des scientifiques. Macron a fait le contraire : il donne des ordres. La démocratie est indispensable pour faire face à une pandémie.

Le gouvernement explique aussi que l’emploi redémarre ! Alors il s’attaque aux chômeurs et précaires soupçonnés de fainéantise. Le Conseil d’Etat a annulé deux fois des règles infâmes qui pénalisent 1,2 millions de personnes avec 20% d’allocations en moins. Mais pour rechercher l’électorat de droite, Macron veut prendre des mesures de casse sociale. Il persiste à vouloir détruire les régimes de retraite.

A Marseille, Macron a accueilli le Congrès mondial pour la biodiversité. Mais son gouvernement vient d’autoriser la chasse pour plusieurs espèces d’oiseaux ! Rien n’est fait pour rompre avec la civilisation de la voiture et du pétrole et pour développer les transports publics gratuits.

Malgré le COVID, la richesse s’accumule : les grandes entreprises du CAC 40 ont amassé 60 milliards d’euros de profits en 2020, soit 41 % de plus qu’en 2019. Mais rien ne revient à celles et ceux qui créent cette valeur : les salarié·es, méprisé·es dans leur travail.

Oui ! le 5 octobre, la grève à l’appel unitaire des syndicats est totalement justifiée. Toutes les forces de gauche et écologistes devraient s’entendre pour la soutenir ensemble, plutôt que de se quereller pour la présidentielle.

Augmentation générale des salaires, égalité salariale femmes/hommes, personne en dessous du seuil de pauvreté (1060 euros), le RSA pour les jeunes, abrogation du décret anti-chômeurs ! Pour une rupture démocratique, écologique et sociale, tous et toutes dans la rue le 5 octobre. Relevons la tête !